Semaine inhabituelle au collège Gran Man Difou de MaripasoulaToutes les sections (premières et deuxièmes années) des deux CAP d’agent de développement des activités locales (ADAL)
[1] étaient pour toute la semaine, du 26 au 30 novembre 2007, avec leurs enseignants à Cayodé pour un chantier école d’envergure. Ce sont donc 40 élèves qui se sont déplacés avec tous leurs enseignants techniques.
Au programme : la reconstruction d’une passerelle en bois, la création de sanitaires publics...et la décoration de l’école
D’abord, les fouilles pour les fondations
Ce gros chantier est réalisé avec le concours de ONF-Sylvetude, pour la passerelle, et de la mairie de Maripasoula et de Papaïchton qui fournit des ouvriers municipaux permanents pour le chantier. Pour assurer la logistique, les élèves ATMCPL sont très occupés : deux fois quarante repas à servir tous les jours durant une semaine, ça met le pied à l’étrier de la cuisine collective!
Le repas de midi est en cours de préparation
Et en plus les élèves décorent l’école primaire avec des motifs amérindiens et des tembés sous l’égide d’un artiste de Papaïchton, qui travaille depuis peu comme enseignant pour le CAP. Cette activité permet d’assurer une des missions de l’École qu’est le brassage des cultures et la création de lien social.
Loïc Bernard, le principal, avec l’équipe
Logement en carbet, couchage en hamac, grâce à l’appui de la capitaine du village qui a trouvé des endroits pour suspendre tous les hamacs, bref tout le monde fait un effort dans la bonne humeur.
Un chantier école exemplaireCe chantier est d’abord exemplaire par le partenariat avec des structures extérieures à l’éducation nationale, ensuite par le travail de préparation qu’il a fallu mettre en œuvre. Modeste, Loïc Bernard, le principal du collège déclare que "cela n’a nécessité que quelques jours de travail" en oubliant de mentionner le travail de fond, les contacts permanents avec les partenaires, et le management d’une équipe d’enseignants et d’élèves que nécessite l’impulsion d’un tel projet.
M. Othilly et un élève travaillent sur la passerelle
Il est aussi exemplaire car le sens de cette formation devient évident pour tous, des élèves à la tutelle. Les CAP ADAL ont été mis en place pour répondre à la fois à une demande de main d’oeuvre locale, ce qui nécessite des programmes sur mesure, et pour faciliter la poursuite d’études sans avoir à aller sur le cordon littoral. Pari gagné pour les deux objectifs. Dans ce projet, tout le monde a joué sa partition sans fausse note, du recteur au délégué académique à l’enseignement technique en passant par le Conseil régional, jusqu’aux enseignants et aux élèves, sans oublier, bien sur, le chef d’établissement.
Une taxe d’apprentissage bien utiliséePour mener à bien ce projet il a fallu amener à Cayodé en pirogue toute la nourriture et le matériel, y compris une gazinière. Le coût de ce projet au niveau logistique n’aurait pu être supporté par le collège sans l’apport de la taxe d’apprentissage versée par des entreprises qui connaissent la situation du collège. Remercions pèle mêle les entreprises Auplata, Groupe Louison, La Poste, Air France, ADA. Un gros travail de prospection et de publipostage de la part du collège a permis une bonne utilisation de cet impôt.
Sylvetude encadre les jeunes
Cet exemple n’est pas isolé. Ainsi, à Saint-Georges-de-l’Oyapock, les élèves du CAP ADAL réparent des moteurs hors bord pour des particuliers dans le cadre de leur scolarité au collège. A Iracoubo, un certain nombre de sorties avec des tours opérateurs, des guides amazoniens, le service militaire adapté ou l’Office national des forêts, sont prévues pour faire découvrir aux élèves le métier d’accompagnateur touristique. Là encore c’est une École ouverte sur son environnement, sachant trouver les bons partenaires, qui réussit. Nous en re-parlerons bientôt en détail.
Michel Ravitsky,
DAET DAFCO
[1] CAP ADAL maintenance de bâtiments collectifs - production locale (MBCPL) et CAP ADAL agent technique en milieu collectif - production locale (ATMCPL)